La voiture électrique
fut rendue possible grâce à la commercialisation
des premiers accumulateurs au plomb en 1895 …
Evènement inattendu, lors de la première
course de véhicule motorisé en 1896
aux U.S.A ce sont les deux seules voitures électriques
engagées, sur les seize au départ,
qui raflent les deux premières places !
Et pourtant, en
ce début du XX siècle, la bataille
fait rage entre le moteur à explosion et
le moteur électrique, qui possédait
déjà des machines pour les recharger
!
Les critiques de l’époque, nous interpellent
aujourd’hui ! Pas assez puissant et trop silencieux,
donc dangereux pour les piétons …
L’insuffisance des centrales de recharge de
plusieurs véhicules, le poids trop important
des accumulateurs, le remplacement du « crank
», vous savez la manivelle … par les
démarreurs électriques sur les moteurs
à explosion … devaient malheureusement
mener le moteur électrique à la défaite
... pour ce qui allait être quelques années
plus tard un très, très grand marché
…
Il faudra attendre
les années 60 que les progrès en la
matière génèrent un réel
regain d’intérêt pour le moteur
électrique, tous comme la pression des «
environnementalistes » ainsi que la prise
de conscience que les réserves de pétrole
ne seront pas éternelles …
C’est à la même époque,
que les Américains sont à la recherche
de générateurs pour leur programme
spatial. A l’évidence c’est la
pile à combustible hydrogène / Oxygène
qui apparaît comme le générateur
privilégié, bien que ce procédé
soit connu depuis 1839 !
Cette vague de
recherche se continuera jusqu’en 1968, et
permettra de nombreux progrès dans le domaine
des générateurs électriques,
mais aussi de confirmer que la pile à combustible
nécessitera de longues et coûteuses
recherches pour être appliqué à
l’automobile…
C’est en
1971 que la GULF GENERAL ELECTRIC propose le premier
prototype de véhicule électrique équipé
d’une pile à combustible. Elle sera
suivie début 1974 par un autre véhicule
nommé l’Enfield 8000 et produite en
Grèce.
La crise pétrolière de 1974 va aussi
relancer avantageusement les progrès du dossier
« moteurs électriques ». Différentes
techniques seront utilisées pour réaliser
les voitures électriques de demain, mais
la crise pétrolière rétablit
dès les années 80, un nouveau désintéressement
s’installe, alors que le moteur à explosion
à déjà fait lui, des progrès
spectaculaires, tant en puissance qu’en consommation,
et ce n’est qu’un début …
Aujourd’hui
en 2000, les données sont sensiblement différentes,
le moteur à explosion n’a cessé
d’évolué, et évoluera
encore. Néanmoins, la technologie des accumulateurs
a fait des pas de géant avec les nouveaux
besoins généré par l’électronique
portable.
Ces nouveaux accumulateurs dont nous n’aborderons
pas ici les subtilités techniques et surtout
chimiques, se sont fait plus léger, moins
encombrants, moins dangereux (risques d’explosions)
et de moins en moins polluant, tout en décuplant
leur capacités.
C’est avec
ces nouvelles technologies que la voiture électrique
revient sur le devant de la scène. Il suffit
de constater que la majeure partie des constructeurs
européens ont un ou plusieurs prototypes
dans leurs cartons …
Ford avec sa « Ka électrique »
allie performances et autonomie avec des batteries
aux Lithium Ion. Dotée d’un moteur
de 88CV offrant un couple de 19,4mkg la e-Ka autorise
130 Km/h en pointe et pour passer de 0 à
100 Km/h ne demande que 12’’7 seulement
!
L’autonomie peut selon le concepteur, s’étendre
de 200 Km si la vitesse est maintenue à
80 Km/h, ce qui est une belle performance, mais
à quel prix ? Cela n’est pas précisé.
Alors, qu’en condition normale d’utilisation,
il vaut mieux tabler entre 120 / 150 Km avant de
recharger. C’est tout de même 2 fois
plus performant que ses concurrentes ‘du commerce’
; Citroen Saxo, Peugeot 106, Renault Clio, grâce
au gain de poids 280 Kg soit 70% de moins que des
batteries classiques.
Smart, s’y
atèle aussi avec la Sté Zitek le spécialiste
Britannique de la transmission qui a développé
une Smart Electrique. Dotée de batteries
au Chlorure de nickel et Sodium, la plus branchée
des Smart reçoit un moteur de 30 kW, annonce
100 Km d’autonomie et une vitesse de pointe
de 105 km/h. A peine plus longue que la Smart biplace
(2,58m contre 2,50) la MetroCube, prototype urbain
imaginé par Pininfarina ne consommerait que
quelques décilitres d’essence au démarrage,
un moteur électrique prenant tout de suite
le relais !
Plutôt que
le tout-thermique ou le tout-électrique,
les constructeurs penchent pour un mélange
des 2, et les Japonais ont une longueur d’avance
… avec la Prius de Toyota !
Elle est surement la seule aujourd’hui, qui
utilise le mieux la répartition des 2 énergies,
car elle utilise simultanément un moteur
thermique et un moteur électrique, qui sont
régulés par un calculateur afin d’optimiser
la puissance du véhicule et sa consommation.
C’est aussi la seule berline qui ressemble
à n’importe qu’elle autre, qui
roule jusqu'à 160 Km/h et dont le prix au
Japon n’est que de l’ordre de 110.000
F. Cela laisse rêveur lorsque l’on sait
qu’en deux ans, il s’est vendu 30.000
exemplaires de la Prius au Japon !
De leur coté,
Renault avec son prototype Kangoo et PSA avec son
Berlingo Dynavolt font pâles figure. Le soutien
aveugle des pouvoirs publics du « Tout Electrique
» a fait des ravages aussi bien chez les constructeurs
automobiles Français, mais aussi chez notre
fabricant de Batteries, 1a Saft avec la construction
d’une usine de batteries, dont le coût
exorbitant, face aux besoins du parc Français
existant (5 000 véhicules électrique
seulement) ne parvient toujours pas a rimer avec
rentabilité, mais plutôt avec des pertes
aussi conséquentes que constantes chaque
années.
Alors, vers quelle
orientation faut-il se tourner ?
Pour notre part,
nous sommes convaincu qu’il faut rester simple
et rationnel.
Les nouvelles technologies de batteries, (NiMh,
LiIon, etc…) sont aujourd’hui encore
trop chère, car trop immature et non produite
en volume.
Une orientation vers l’hybride (Thermique
& Electrique) nous semble réaliste et
incontournable. Seul les choix de gestion de ce
couple restent le Graal de son juste équilibre
donc de sa réussite, accompagné d’un
soupçon de changement de mentalité.